lundi 11 octobre 2010

La Banque. Comment Goldman Sachs dirige le monde

La Banque. Comment Goldman Sachs dirige le monde, par Marc Roche
Albin Michel, 2010, 310 p., 19,50 euros.
Dans un film sur la finance, la banque Goldman Sachs tiendrait le rôle du méchant. Normal, juge Marc Roche, elle a la gueule de l'emploi. Dans cette enquête menée au fil des ans entre New York, Bruxelles, Washington et surtout Londres, le correspondant du journal Le Monde à la City détaille chapitre après chapitre les turpitudes de la banque d'affaires américaine.
On entre dans le monde étrange de ces "moines banquiers" qui peuvent aussi bien atteindre leur paradis, devenir l'un des 400 associés de la firme, porte ouverte sur la fortune et la gloire, que finir dans l'enfer de Noël, qui voit jusqu'à 10% du personnel, jugé non performant, mis à la porte chaque année.
Pour réussir chez Goldman, il faut abandonner toute autre forme de vie que son travail, avoir le goût du secret, de la performance et savoir travailler en équipe parce que les renseignements glanés par les uns font les futures commissions gagnées par les autres.
Et les commissions, c'est le moteur de Goldman Sachs. La banque est devenue experte dans l'art de fourguer placements financiers, deals et conseils en tout genre à ses clients. Qu'ils y gagnent ou qu'ils y perdent, Goldman aura touché son chèque. Tout le livre dénonce, exemples à l'appui, l'ambiguïté du comportement de la banque, prête à tout pour accumuler les profits, y compris quand cela doit se faire au détriment de ses clients. Goldman Sachs nage en permanence en plein conflit d'intérêts, assène Marc Roche, jouant des informations acquises auprès des clients pour faire ses propres placements ou bien refilant à certaines banques les fameux produits Abacus, dont le rendement ne tenait qu'à des prix immobiliers montant jusqu'au ciel, pendant qu'elle pariait sur leur chute avec le fonds spéculatif de Henry Paulson. D'où le surnom de "Goldman Sacks", avec le "k" du verbe to sack (piller, mettre à sac).
Avec la crise financière, les pratiques de Goldman Sachs, longtemps restées dans l'ombre, éclatent en pleine lumière. La banque se voit confrontée à des plaintes, des enquêtes et des amendes de la part des régulateurs. 
Son dirigeant, Lloyd Blankfein, un ancien avocat fiscaliste et ex-trader sur métaux, passe sur le gril d'une commission sénatoriale, obligé de reconnaître du bout des lèvres quelques erreurs, avant d'affirmer en public: "Je fais le travail de Dieu"! Un supposé trait d'esprit reçu comme une nouvelle preuve d'arrogance.
Une arrogance d'autant plus insupportable que Goldman Sachs, non contente de s'imposer dans la finance, place systématiquement ses hommes aux postes clés des gouvernements. On connaît la chose pour les Etats-Unis, où le secrétaire au Trésor de George W. Bush, Hank Paulson, était l'ancien PDG de Goldman! Mais les anciens de la banque entourent aussi Tim Geithner, celui d'Obama. L'Europe n'est pas en reste. Certains anciens commissaires européens (Mario Monti, Peter Sutherland), ancien de la Bundesbank (Otmar Issing) et jusqu'à Mario Draghi, actuel gouverneur de la Banque centrale italienne et patron du Conseil de stabilité financière chargé de coordonner les efforts mondiaux de régulation sont des Goldmaniens!
Allez visiter Goldman Sachs. Son histoire, ses liens avec les fonds spéculatifs ou les relations tumultueuses de son PDG avec Obama, pour lequel il a fait campagne avant de dire pis que pendre de ce Président aux velléités de régulation de la finance. Le livre de Marc Roche sera votre guide indispensable.
Christian Chavagneux
Alternatives Economiques n° 295 - octobre 2010 

Mesures pour contrôler les prix et pallier le manque d’électricité – Le Courrier du Vietnam

« Prochainement, le gouvernement devra se pencher sur la prise de mesures synchroniques pour contrôler les prix et remédier à la pénurie d’électricité », a déclaré le Premier ministre Nguyên Tân Dung, lors de la réunion périodique de septembre du gouvernement, tenue le 30 septembre à Hanoi.

Concernant le contrôle des prix, selon M. Dung, il y aura prochainement une conférence nationale destinée à mettre en oeuvre la directive du Premier ministre en la matière, dont la maîtrise de l’inflation. Les prix sont étroitement liés à la politique de gestion monétaire et des crédits. Alors, au dire du chef du gouvernement, il faut maintenir la stabilité du taux d’intérêt de base. « La gestion de la politique monétaire doit être active et flexible au service de la croissance économique », a-t-il indiqué. Et de souligner l’importance d’enrayer la hausse des prix des marchandises de première nécessité, en tête médicaments et produits laitiers. « Ministères, services et localités doivent veiller à stocker suffisamment de marchandises en prévision de la fête du Têt », qui va venir dans 4 mois, a-t-il demandé.
S’agissant de la pénurie d’électricité, le Premier ministre a exhorté ce secteur, notamment le groupe Électricité du Vietnam (EVN), à « prendre des mesures énergiques » pour y pallier. Il importe d’accélérer l’exécution des projets et la mise en service des nouvelles centrales, d’acheter de l’électricité à l’étranger, de réguler rationnellement cette source d’énergie, de l’économiser dans les usines et au sein des ménages…
Continuer à maîtriser l’inflation
Ces 9 premiers mois de l’année, la situation socio-économique nationale a montré une évolution positive. La reprise économique s’est révélée assez rapide. La croissance du PIB a atteint 6,52%, avec une montée en puissance au fil des trimestres (5,83% au 1er, 6,40% au 2e et 7,16% au 3e). L’accroissement de la production industrielle a été supérieur au plan annuel.
Les exportations ont poursuivi leur augmentation, avec une valeur totale estimée à 51,5 milliards de dollars en 9 mois, en hausse de 23,2% en glissement annuel, soit près de 4 fois plus que l’objectif fixé par l’Assemblée nationale (plus de 6%). Treize articles d’exportation ont franchi le seuil d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires, dont prêt-à-porter, pétrole brut, chaussures, produits aquatiques, riz, bois et produits en bois, caoutchouc, café… L’importation excédentaire s’est élevée à environ 8,58 milliards de dollars, soit 16,7% du montant total des exportations. Il s’agit du taux le plus bas de ces dernières années.
Mais ces bons résultats ne doivent pas occulter le fait que l’économie nationale est encore face à de nombreux défis. L’indice des prix à la consommation au cours des 9 premiers mois a augmenté de 8,64% par rapport à la même période de 2009. Le « gel » de certaines grandes économies mondiales a exercé une mauvaise influence sur les exportations nationales. Les entreprises de production et commerciales rencontrent encore des difficultés dans la mobilisation des capitaux en raison des taux d’intérêt élevés des prêts bancaires. La pénurie d’électricité, les calamités naturelles, les épizooties et épiphyties ont toujours un impact fort sur la production agricole et la vie des habitants.
Face à cette situation, le gouvernement a demandé aux ministères, services et localités de prendre, d’ici la fin de l’année, 11 mesures principales, la priorité étant donnée à la maîtrise de l’inflation.
Minh Quang/CVN
(01/10/2010)

Electricité en Afrique de l’Ouest : la crise perdure, forte hausse de la demande dans dix ans



Ouestafnews – L’ensemble de l’Afrique de l’Ouest va connaître une importante hausse de la demande en électricité d’ici 10 ans, a affirmé un haut responsable de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao, 15 pays), alors que la demande actuelle dans ce domaine reste largement insatisfaite dans les différents pays de la sous-région.


La « demande va atteindre en 2020 un taux record de 22.000 mégawatts (MW) alors qu’elle s’élevait à 6.500 MW en 2003 », a laissé entendre James Victor Gbeho, président de la Commission lors d’un Forum des affaires qui se tient à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoiren, pays également touché par la crise énergétique. 

« Cette augmentation fulgurante de la demande implique la responsabilité des gouvernements mais aussi celle du secteur privé qui doivent mettre en place des projets ambitieux et innovants », a souhaité le patron de l’organisation sous-régionale à l’ouverture du Forum. 

Selon Victor Gbeho, cette montée de la demande due à « l’industrialisation et à la croissance démographique », ne doit pas occulter le problème de l’accès insuffisant et inégal des populations à l’électricité. 

« Seuls 30 % de la population de la région ont accès direct à l’électricité avec de fortes disparités entre les zones urbaines et les zones rurales, la grande majorité utilisant toujours la biomasse comme source d’énergie », a-t-il révélé selon le texte parvenu à Ouestafnews. 

Une crise énergétique aigüe persiste dans la quasi-totalité de la sous région, malgré beaucoup d’annonces de la part des organisations sous régionales, dont la Cedeao, qui promettent depuis des années de nouvelles « initiatives » pour mettre fin au déficit en énergie électrique, mais apparemment sans succès. 

Parmi ces initiatives figurent la mise en place d’une Autorité régionale de régulation de l’électricité (basée a Accra au Ghana), d’un centre des énergies renouvelables à Praia au Cap-Vert et du Pool ouest africain de l’énergie. 

Au niveau de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa, huit pays), existe également un projet appelé « Initiative régionale de développement de l’énergie » (Ired). 

En dépit de toutes ces initiatives et de toutes ces structures, la question de la distribution de l’énergie électrique en quantité suffisante reste un casse-tête pour l’ensemble de la sous-région. 

Des pays, comme la Côte d’Ivoire, qui jusqu’à une période récente semblaient épargnés, sont aujourd’hui touché par la crise énergétique, alors que dans des pays comme le Sénégal, les foyers sont presque tous retournés à la « bougie » et les entreprises publiques ou privées ne tournent à plein régime que si elles disposent d’un groupe électrogène. 

Des situations que des nations comme le Nigeria (pourtant gros producteur de pétrole), ou la Guinée Bissau dont l’économie est paralysée depuis plus d’une décennie, connaissent depuis des années. 
En mars 2010, le Commissaire de l’Uemao chargé du département du Développement de l’entreprise des télécommunications et de l’énergie, Guy Amédée Adjonohoun, avait particulièrement mis en cause la facture pétrolière de l’Union qui est « passée de 639 milliards de F CFA en 2003 à plus de 1300 milliards en 2006, soit un accroissement de 42% par an ». 

Mais pour les observateurs et les associations consuméristes, la facture pétrolière n’explique pas tout et l’on dénonce la gouvernance des sociétés de distribution d’énergie électrique qui relèvent pour la plupart du secteur public. 

Cette situation critique du secteur de l’électricité est partout marquée par des délestages récurrents et pose de sérieux handicaps aux populations dont les activités économiques se trouvent bloquées, causant parfois de vives tensions sociales. 

Au Sénégal par exemple, les populations ont renoué depuis quelques jours avec les « émeutes de l’électricité », pour manifester leur mécontentement. 

Sénégal | Emeutes de l’électricité : La situation devient explosive

01/10/10




Les émeutes de l’électricité continuent dans la capitale du pays, Dakar. A Scat Urbam, des milliers de jeunes sont sortis dans la soirée du jeudi pour manifester leur colère. "Nous avons marre de ce régime. On en a marre de ces gens", a indiqué un manifestant interrogé par la radio Sud Fm. "C’est la seule solution que nous avons pour régler les problèmes, allumer les pneus", a dit la même source., "Ces gens-là, nous snobent, ils sont bien installés dans leurs bureaux avec leurs climatiseurs et nous narguent", précise la même source.
A Thiès également des manifestants nocturnes ont été notés. Au quartier Ndamatou de Touba, des centaines de jeunes ont voulu assiéger le siège de la Sénélec, mais face à la détermination des forces de l’ordre, ils ont rebroussé chemin.
Pour revenir à la situation à Dakar : quatre bus Dakar Dem Dikk ont été saccagés au point que les syndicats de la maison demandent l’arrêt des bus pour montrer également leur mécontentement face à cette situation.
Source : Politicosn

Les manifestations qui comptent


Peu importe le nombre de manifestants entre République et Bastille. Il faut regarder ce qui se passe dans les rues de Jakarta et Dhaka.
02/10/10




Un ou trois millions de manifestants contre la réforme des retraites? Combien pour celles du 1er et du 12 octobre? Dans notre théâtre national, le nombre compte, politiquement. Il reflète le climat délétèreet, par effet retour, ne l'arrange pas. Economiquement, les manifs ne comptent guère. Allonger la durée du travail est inéluctable. Et «l'autre réforme» vantée par le Parti socialiste ne changerait en réalité que la présentation. 



Les manifestations qui comptent vraiment pour déterminer notre futur niveau de vie, à nous Français, ont lieu au Bangladesh, où les ouvriers de certaines firmes textiles ont obtenu une hausse de 80% de leurs salaires cet été, après protestations contre des hausses des prix des denrées, du fioul, de la santé.

Presque tous les autres pays d'Asie connaissent des revendications similaires. Le Vietnam a connu 200 manifestations l'an passé à cause d'une inflation supérieure à 20%. En Indonésie, les défilés se sont multipliés, réunissant par exemple à Bandung jusqu'à 40.000 personnes contre les prix de l'électricité. Les ouvriers ont obtenu des relèvements des salaires minimaux régionaux, un gain de 10%, à 100 dollars par mois, à Jakarta la capitale. En Inde aussi, des mouvements contre les hausses de prix ont touché les usines de Nokia, Bosch, Hyundai, Volvo. La Chine est concernée. Les informations sur des manifs, des pénuries de main-d'oeuvre, des hausses de salaire ont abondé tout l'été. Des nouvelles lois du travail ont été mises en place, les minima ont été relevés de 30% dans certaines villes.
Ces conflits conduisent à de meilleurs salaires et de plus hauts niveaux de vie dans les pays émergents. Ils sont essentiels pour les ouvriers bengalis et indiens, en premier chef. Mais pour ceux de Paris aussi, qui devraient encourager leurs camarades émergents. Leurs intérêts sont les mêmes. Plus le rattrapage de l'Asie sera rapide, plus vite les salaires s'égaliseront, plus vite cessera la concurrence par les coûts et plus vite le rapport de forces salaire-profit pourra s'équilibrer de nouveau, cette fois à l'échelle de la planète entière. La pression sur les coûts salariaux en Occident ne cessera que lorsque l'Asie «en rattrapage» aura cessé de l'exercer.




La guerre des coûts

Quand cela arrivera-t-il? Réponse difficile. Il aura fallu quarante ans au Japon. Le niveau de vie des Japonais, moitié moindre de celui des Américains au sortir de la guerre, l'a «rattrapé» vers 1990, avant que les Etats-Unis ne reprennent de la distance. La Corée du Sud est partie de plus loin: 10% du niveau de vie américain après-guerre, 65% aujourd'hui. Cela suffit pour que l'on ne classe plus la Corée parmi les pays «à bas coûts de main-d'oeuvre». La Chine a entamé son rattrapage en 1978, à la suite des réformes de Deng Xiaoping. L'empire partait de très bas: moins de 5% du niveau américain. Trente ans plus tard, il est encore à moins de 25%. Combien de temps faudra-t-il encore?
Un premier examen du marché de l'emploi chinois ne porte pas à l'euphorie. Le salaire moyen d'un paysan qui migre de la campagne pour les villes en émergence est encore de 1.500 dollars par an, dix fois moins que dans l'Hexagone, selon Fan Gang de l'université de Pékin. Or l'agriculture, où les salaires sont moitié moindres, représente encore 30% de la main-d'oeuvre. En clair, «l'armée de réserve» est encore vaste: au moins 150 millions de personnes! Il faudra créer 8 millions d'emplois par an pendant vingt ans pour les absorber. C'est beaucoup et quoi qu'il arrive, durant ce temps, la Chine va subir une pression interne sur ses salaires. Depuis quinze ans, leur hausse a d'ailleurs été limitée à 4-6% par an, deux fois moins rapide que le PIB. Du coup, la part des salaires dans la richesse nationale a décliné et la consommation aussi. La Chine ne croît que grâce à ses investissements dans des usines faites pour l'export. On peut en conclure que la guerre mondiale des coûts ne va pas se finir demain.
Pourtant, on peut espérer que le rythme du rattrapage s'accélère. Du fait des manifs, d'abord. Ensuite, parce que la Chine a compris que les débouchés américains et européens s'assèchent. La consommation intérieure doit prendre le relais. Cela impose une revalorisation des feuilles de paie. Les manifs de cet été ont été soutenues par le pouvoir central en quête d'un nouveau modèle de croissance. Dès lors, le rattrapage pourrait s'achever dans, disons, vingt ans. C'est long? Oui et non. Les enfants qui naissent aujourd'hui ne connaîtront pas la concurrence chinoise par les coûts. Les manifestations, là-bas, auront payé.
Eric Le Boucher
Chronique également parue dans Les Echos

lundi 27 septembre 2010

Eva Joly veut une régulation rapide des marchés de matières premières

EurActiv.fr  |  22.09.2010  |  Agriculture et environnement

A Paris, l'eurodéputée Europe Ecologie a fustigé les opérateurs qui jouent «au casino» avec les prix des denrées agricoles.



Eva Joly est en guerre. En guerre contre les spéculateurs sur les marchés agricoles. A Paris, lundi 20 septembre, la présidente (Europe Ecologie -Verts ALE) de la commission Développement au Parlement européen a fustigé les opérateurs qui «jouent au casino» en pesant sur les prix des denrées alimentaires.
Accompagnée du rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, elle a dressé un tableau assez noir du contexte actuel. «Depuis des années, nous avons incité les pays en voie de développement à abandonner leur agriculture vivrière pour une agriculture intensive destinée à l’export, comme le tabac. Ils sont devenus très dépendants de l’importation. Or, aujourd’hui, ils importent au prix fort et ne parviennent plus à exporter», a expliqué l’eurodéputée.
L’expert onusien explique pour sa part que les prix des denrées alimentaires ont pratiquement doublé entre 2005 et 2008. «Les variations se sont amplifiées après que les fonds d’investissement se sont tournés vers les marchés de matières premières agricoles», a expliqué M. De Schutter.
Progrès américains
En réalité, la bulle spéculative a commencé à naître au début des années 2000. A cette époque, des opérateurs investissent dans les denrées alimentaires comme ils le feraient sur tout autre produit. Résultat: l’écart entre les marchés physiques, ou s’échangent réellement le blé et le maïs, et les marchés secondaires, où les opérateurs négocient des contrats à terme, se creuse considérablement. En 2007-2008, on observe ainsi plus de 80 fois plus d’activités spéculatives, en comparaison des stocks qui s’échangent sur le marché physique.
Pour Olivier De Schutter, les Etats-Unis sont néanmoins en passe de freiner ce phénomène. «Grâce à une loi qui vient d'être adoptée, une commission de contrôle déterminera bientôt le nombre maximum de contrats qui peut être conclu par chaque opérateur sur les marchés secondaires», a poursuivi l’expert.
La France a décrété que la lutte contre la volatilité des prix sur les marchés de matières premières constituerait une priorité de sa prochaine présidence du G20. L’Europe, de son côté, en est encore au stade de la réflexion. Le 15 septembre, le commissaire européen en charge du Marché intérieur, Michel Barnier, a proposé de mettre en place des outils pour renforcer la transparence et les contrôles sur les marchés dérivés de matières premières.
« Nous n’avons rien compris de la dernière crise »
«Le fait que nous n’arrivons pas à réguler ces marchés est insupportable. Nous n’avons rien compris de la dernière crise», a déploré Eva Joly. «Nous pouvons réguler la spéculation si nous le voulons», a-t-elle poursuivi. Une volonté dont les 27 ne sont pas dotés, selon l’eurodéputée. Elle doute notamment de la capacité de Nicolas Sarkozy à mettre en adéquation ses paroles et ses actes.
Concrètement, concernant les matières premières agricoles, Eva Joly demande que les opérateurs ne puissent pas investir plus de 3% de leurs fonds propres lorsqu’ils prennent position sur les marchés dérivés. Elle demande aussi une plus grande transparence: «Nous aimerions savoir ce que [la banque d’investissement américaine] Merrill Lynch a gagné en spéculant sur le blé», a-t-elle ajouté.
Eva Joly a également profité de cette occasion pour demander la constitution d’un «Greenpeace de la finance», afin d’aider les parlementaires à répondre aux lobbies de l’industrie financière et de bénéficier d’une information équilibrée sur ces sujets très techniques. Une idée lancée par son collègue Pascal Canfin en juin.

Objectifs du millénaire: tout reste à faire

Claire Alet
Alternatives Economiques n° 294 - septembre 2010

Du 20 au 22 septembre à New York, les dirigeants de la planète ont tiré le bilan des avancées des Objectifs du millénaire fixés pour 2015. Des résultats plus que mitigés.

Rendez-vous planétaire à New York. Du 20 au 22 septembre, les dirigeants du monde se sont retrouvés aux Nations unies pour un "Sommet contre la pauvreté". A cinq ans de la date butoir fixée à 2015 par l'ONU, il s'agissaitt du dernier bilan d'étape dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Cet ambitieux programme de réduction de la pauvreté a été défini en septembre 2000 lors du Sommet du millénaire, qui avait réuni 147 chefs d'Etat. Concrètement, la communauté internationale s'était alors engagée à réduire de moitié la part de la population dont le revenu est inférieur à 1,25 dollar, à diviser par deux la proportion de ceux qui souffrent de la faim, à universaliser l'accès à l'école primaire, etc.


A la différence de maintes promesses antérieures, les OMD fixaient des objectifs non seulement chiffrés, mais aussi assortis d'une échéance: 2015. Une vraie rupture après cinquante ans de déclarations de bonnes intentions. Et d'autant plus nécessaire qu'au cours des années 1990, l'aide au développement s'était essoufflée, justifiant ainsi le constat qu'elle n'avait pas permis d'accélérer fortement la croissance des pays pauvres.

"Les OMD ont eu le mérite de mobiliser les dirigeants sur le développement. Aujourd'hui, c'est la seule référence consensuelle qui existe sur le sujet entre les Etats", souligne Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale du Crid et porte-parole de l'AMCP, l'Action mondiale contre la pauvreté (voir encadré p.40). Autre point positif: "Les OMD ont permis de revenir sur la dimension sociale du développement et d'aider à reconstruire les services sociaux qui avaient été dévastés par les programmes d'ajustement structurel", explique Serge Michailof, consultant et professeur à Sciences-Po (1). En effet, au début des années 2000, un grand nombre de pays pauvres étaient exsangues, du fait des douloureuses cures d'austérité imposées par leur endettement et exigées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) en contrepartie de leurs prêts.

Mobilisation pour les OMD
"OMD 2015: des actes!", telle est la campagne lancée par l'Action mondiale contre la pauvreté (AMCP), en amont du Sommet contre la pauvreté qui se tiendra à New York, fin septembre. L'AMCP regroupe des ONG, des associations de lutte contre la pauvreté, des syndicats et des collectivités territoriales. Elle représente en France la Global Call for Action against Poverty, une campagne internationale initiée en 2005 afin de suivre les engagements des Etats dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

A travers une pétition, l'AMCP demande que la France ratifie le protocole facultatif du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (Pidesc). Celui-ci permettrait aux populations dont les droits ont été bafoués de porter plainte auprès du Comité Desc de l'ONU. La coalition exige également des Etats qu'ils débloquent les fonds sur lesquels ils se sont engagés et qu'ils mettent en place une taxe sur les transactions financières. "Nous plaidons aussi pour une plus grande implication des collectivités locales, des parlements nationaux et de la société civile dans la mise en oeuvre des OMD, explique Nathalie Péré-Marzano, porte-parole de l'AMCP. La réalisation des OMD ne peut pas se limiter à une relation d'Etat à Etat."

En savoir plus
http://omd2015.fr (pétition en ligne).

Des programmes au détriment de la croissance
"On a eu cependant tendance, avec les OMD, à se focaliser sur la santé et l'éducation, au détriment de la croissance. On a mis en place des mécanismes d'aide qui accroissent la dépendance des pays du Sud. On ne les aide pas à créer la richesse qui permettrait de soutenir ces actions sociales de manière pérenne", poursuit Serge Michailof. Car si l'amélioration des conditions sanitaires et l'accès à l'éducation sont des conditions du développement, ils ne suffisent pas à assurer une croissance durable.

De plus, si les OMD, en fixant des objectifs chiffrés, ont eu l'avantage de définir des buts, ils ont eu pour inconvénient d'inciter les décideurs à "faire du quantitatif", au détriment de la qualité. Ainsi, le taux de scolarisation dans le primaire dans les régions en développement est passé de 82% en 1999 à 89% en 2008; il a même progressé de 18 points en Afrique subsaharienne. Mais on se réjouirait davantage de ce résultat - qui laisse hors d'atteinte l'objectif d'accès universel à l'éducation pour 2015 - si cette hausse n'avait pas été réalisée au prix d'un recrutement massif de professeurs non qualifiés et sous-payés qui se retrouvent face à des classes surchargées. Au détriment de la qualité de l'enseignement.

Une réduction de la pauvreté en trompe-l'oeil
Même l'avancée la plus notable - la réduction de la pauvreté - est à relativiser. L'objectif était de faire passer la proportion de personnes vivant en dessous du seuil international de pauvreté (*) dans les pays en développement de 42% en 1990 (1,8 milliard de personnes) à 21% en 2015. "Cet objectif est en passe d'être atteint. Même si la crise a ralenti le rythme", a affirmé Fabrice Ferrier, coordinateur pour la France de la Campagne du millénaire, lors de la présentation du rapport sur les OMD du secrétaire général de l'ONU en juin dernier (2).

Cependant, la réduction globale de la pauvreté est essentiellement imputable à la croissance des pays émergents, plus particulièrement de la Chine et de l'Inde. Le taux de pauvreté chinois devrait tomber à 5% d'ici à 2015. Quant à celui de l'Inde, il devrait passer de 51% en 1990 à 24% en 2015. En revanche, plusieurs autres régions du globe ne devraient pas atteindre l'objectif: l'Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient et certains pays du Golfe, d'Europe de l'Est et d'Asie centrale. Selon la Banque mondiale, la crise a maintenu 50 millions de personnes de plus que prévu dans l'extrême pauvreté en 2009. Et ce chiffre pourrait atteindre 64 millions fin 2010. En outre, ces évaluations se cantonnent à la mesure de (l'extrême) pauvreté monétaire, c'est-à-dire au revenu disponible. Or, un même niveau de revenu peut avoir une signification bien différente selon que les personnes peuvent ou non bénéficier de la solidarité familiale ou d'un réseau social.

Un nombre record de sous-alimentés
Qui dit pauvreté, dit souvent sous-alimentation (*) . Un phénomène qui ne résulte pas le plus souvent d'une pénurie de nourriture, mais qui est la conséquence d'une insuffisance de revenu. Dans ce domaine, l'objectif fixé par les OMD est loin d'être atteint. Il posait comme but de "réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim". En 1990, cette proportion était de 20%. Elle a certes diminué jusqu'en 2000-2002 pour atteindre 16%, mais a stagné jusqu'en 2007 pour remonter à partir de 2008, année de crise alimentaire suite aux fortes hausses des prix des denrées alimentaires.

Les huit Objectifs du millénaire pour le développement

réduire l'extrême pauvreté et la faim.
assurer l'éducation primaire pour tous.
promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes.
réduire la mortalité infantile.
améliorer la santé maternelle.
combattre le VIH-sida, le paludisme et d'autres maladies.
assurer un environnement durable.
mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Ces 8 objectifs se déclinent en 21 cibles, évaluées par 60 indicateurs statistiques.

En savoir plus
liste des cibles et indicateurs sur http://omd2015.fr/?p=138

La crise financière et économique qui a suivi n'a pas arrangé les choses, grossissant les rangs des personnes au chômage ou contraintes à des emplois précaires. Résultat: l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime que 1,02 milliard de personnes étaient sous-alimentées en 2009. C'est le chiffre le plus élevé depuis qu'on dispose de statistiques. Les régions les plus touchées sont l'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud (Inde, Bangladesh, Pakistan, Afghanistan…). Seule l'Asie du Sud-Est pourrait atteindre l'objectif en 2015, grâce à l'enrichissement de la Chine.

Le spectre de la crise alimentaire
"Le spectre d'une nouvelle crise alimentaire n'a pas disparu", affirme Bénédicte Hermelin, directrice du Groupe de recherche et d'échanges technologiques (Gret). Car si les prix des denrées alimentaires sont redescendus, ils restent plus élevés qu'avant 2008. Et les perspectives ne sont pas bonnes: selon l'OCDE et la FAO (3), les prix des matières premières agricoles (blé, céréales, lait…) seront en moyenne plus élevés pendant la prochaine décennie que durant celle précédant la flambée des prix de 2007-2008. La faute notamment à la spéculation sur les prix des matières premières, source de volatilité. Mais aussi à une concurrence accrue entre usage alimentaire et usage énergétique des terres agricoles cultivées. Ainsi, l'OCDE et la FAO prévoient que la production d'éthanol (utilisé comme agrocarburant) à partir de betterave, de maïs et de canne à sucre devrait doubler d'ici à 2019.

Dans ce contexte, des pays comme la Chine, le Japon ou la Corée du Sud achètent ou louent de plus en plus de terres agricoles dans certains pays du Sud, afin d'assurer l'approvisionnement alimentaire de leur propre population, au détriment des populations locales. Enfin, pour ne rien arranger, les pays en développement pourraient connaître un déclin de 9% à 21% de leur productivité agricole potentielle totale d'ici à 2050, selon la FAO, à cause du réchauffement de la planète (sécheresse, inondations, notamment).

Au final, sur les huit Objectifs du millénaire, seule la cible un du premier, relative à la pauvreté, devrait être atteinte en 2015, dans les limites décrites plus haut. L'OMD ayant fait le moins de progrès est celui qui vise l'amélioration de la santé maternelle. Selon l'OMS (4), 500 000 femmes meurent chaque année pendant la grossesse ou l'accouchement, dont 99% dans les pays en développement. En dépit de quelques avancés, 55% des femmes d'Asie du Sud et 54% de celles d'Afrique subsaharienne accouchaient sans la présence de personnel qualifié en 2008. La santé maternelle (et infantile) a d'ailleurs été un des thèmes du G8 qui s'est tenu à Toronto en juin dernier. Les chefs d'Etat ont décidé de débloquer 5 milliards de dollars additionnels sur cinq ans. Mais encore faut-il qu'ils tiennent promesse.

Une aide insuffisante
Car l'aide demeure insuffisante et la liste des engagements non honorés s'allonge (5). L'aide a certes crû de 34% entre 2004 et 2010 de la part des pays de l'OCDE, mais elle ne dépasse pas 0,32% de leur produit intérieur brut (PIB) cette année. Cette progression ne représente que 27 milliards de dollars, loin des 48 milliards d'aide additionnelle promise pour 2010 lors du G8 de Gleneagles en 2005. Une somme qui restait elle-même bien en deçà des 185 milliards de dollars jugés nécessaires pour atteindre les OMD (soit 0,54% du PIB des pays riches), selon les estimations réalisées en 2005 pour les Nations unies par l'économiste Jeffrey Sachs. Parallèlement, quinze membres de l'Union européenne s'étaient engagés à porter leur aide individuelle à 0,51% de leur PIB (6). Or, certains restent en retard, dont la France qui, malgré des efforts ces dernières années, n'a consacré à l'aide au développement que 0,46% de son PIB en 2009, un montant qui pourrait bien diminuer, rigueur budgétaire oblige.

Face à l'insuffisance de l'aide et devant l'urgence de la situation, aggravée par la nécessité de trouver des financements supplémentaires pour faire face au changement climatique, la question des financements innovants est régulièrement mise sur le tapis. A l'instar de la taxe sur les billets d'avion, qui a rapporté 2 milliards d'euros depuis son instauration en 2006. Une taxe sur les transactions financières, prônée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lors du dernier G20 de Toronto, et soutenue par les ONG, fait partie des projets à l'étude. Mais elle ne devrait pas être lancée avant le G20 accueilli en France en novembre 2011. Une telle taxe aurait pour avantage de stabiliser les ressources, indépendamment du bon vouloir des Etats.

Car pour le moment, en matière d'aide, chaque pays demeure maître du montant et du contenu. Ainsi, en ce qui concerne la France, il faut distinguer dans la somme totale ce qui relève de l'aide réelle et d'artifices financiers. La France inclut dans son aide publique des annulations de dettes et des dépenses qui ne profitent pas aux populations pauvres, tel que l'accueil d'étudiants étrangers ou l'assistance technique par du personnel expatrié. Au total, Coordination Sud considère que l'aide "réelle" de la France entre 2002 et 2008 ne représentait en moyenne que 57% de l'aide officielle.

La qualité laisse à désirer
"Au-delà de la quantité, il faut veiller à la qualité de l'aide", plaide en outre Nathalie Péré-Marzano. L'AMCP, avec d'autres organisations comme l'OCDE, prône ainsi l'appropriation par les pouvoirs publics et la société civile au Sud des mécanismes de distribution et d'utilisation de l'aide. Ainsi que leur implication dans la définition des politiques qu'elle est censée financer (voir encadré). "Les bénéficiaires devraient pouvoir se saisir de la façon de parvenir aux OMD", affirme Pascal Erard, responsable du plaidoyer au CFSI.

En termes de qualité, il est aussi nécessaire de repenser l'orientation de l'aide. "L'aide me paraît trop orientée vers les dimensions dites "sociales", et cela risque de compromettre l'avenir", estime Jean-Michel Severino, inspecteur général des Finances et ancien directeur de l'Agence française de développement (AFD). "Aujourd'hui, nous observons des dynamiques de croissance forte en Afrique au sud du Sahara. Il est crucial de les accompagner pour qu'elles soient durables", poursuit-il (7). Comment? Notamment en épaulant l'économie informelle, qui représente la moitié des emplois urbains en Afrique. En aidant à la construction ou à la reconstruction d'appareils d'Etat capables de recouvrer les taxes pour ensuite financer les services sociaux. Ce qui passe aussi par une lutte efficace contre la corruption. Ainsi qu'en encourageant les investissements dans l'agriculture.

La priorité agricole
"C'est d'abord en soutenant l'agriculture qu'on résoudra le gros du problème de la pauvreté", ajoute Serge Michailof. Car les trois quarts des pauvres de la planète vivent en milieu rural et dépendent directement des activités agricoles pour leur revenu. Paradoxalement, les petits producteurs représentent 80% des personnes sous-alimentées. Or, les budgets consacrés à l'agriculture sont trop faibles. En Afrique subsaharienne, rares sont les pays qui y consacrent plus de 4% de leur budget national. Et la part de l'aide publique mondiale au développement destinée à ce secteur a chuté de 17% à 3,8% entre 1980 et 2005. "Investir dans l'agriculture, ce serait donner aux paysans accès à une formation, au crédit, à des intrants de qualité et à des semences adaptées aux conditions locales", explique Bénédicte Hermelin.

"Mais rien ne sert d'investir dans l'agriculture si l'on poursuit par ailleurs la libéralisation des marchés agricoles", rappelle-t-elle. Car l'ouverture des frontières, préconisée par les organisations internationales, dont l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a été défavorable aux petits producteurs. Leurs produits ont été concurrencés par des importations moins onéreuses, puisque bénéficiant de coûts de production plus favorables ou de subventions.

Or, aujourd'hui, dans le domaine agricole, l'Union européenne continue à subventionner, directement ou indirectement, ses exportations. Tout en faisant pression sur ses "clients" du Sud pour qu'ils réduisent leurs protections commerciales dans le cadre d'accords de partenariat économique (*) . Ce qui revient plus ou moins à reprendre d'une main ce qui est donné de l'autre, dans l'agriculture comme dans d'autres domaines.

"Les enjeux de mise en cohérence des politiques est au moins aussi important que le montant de l'aide", constate Pascal Erard. Il faudrait donner la possibilité aux pays du Sud de protéger certaines productions nationales et de choisir quels sont les produits qui sont ouverts aux importations" (8). Il s'agirait donc de donner davantage de pouvoir de décision aux acteurs des pays en développement et, par conséquent, de s'éloigner d'une approche caritative. Car sortir de la pauvreté, ce n'est pas seulement en finir avec l'indigence. C'est aussi avoir des droits économiques, sociaux, culturels et politiques. Et d'avoir la capacité de prendre en main les conditions de son avenir.


* Seuil international de pauvreté : seuil en dessous duquel une personne est considérée comme pauvre. Il est fixé à 1,25 dollar par jour. Mais pour tenir compte des disparités nationales de pouvoir d'achat, la proportion de la population vivant en dessous de ce seuil est évaluée en parité de pouvoir d'achat (PPA).

* Sous-alimentation : situation dans laquelle l'apport calorique est inférieur aux besoins énergétiques alimentaires minimaux, c'est-à-dire à la quantité d'énergie nécessaire à la pratique d'une activité légère et au poids minimum acceptable pour une taille donnée, selon la FAO.

* Accord de partenariat économique (APE) : accord par lequel les anciennes colonies doivent ouvrir 80% de leur marché à l'Union européenne, en échange d'un accès préférentiel au marché européen pour leurs exportations. Auparavant, ces préférences étaient accordées sans contrepartie.



(1)

Serge Michailof a publié Notre maison brûle au Sud. Que peut faire l'aide au développement, éd. Fayard, mars 2010.

(2)

Rapport 2010 sur les OMD des Nations unies disponible sur www.un.org/fr/millenniumgoals/pdf/report2010.pdf

(3)

Voir "Perspectives agricoles 2010-2019" sur www.ocde.org

(4)

Rapport "Les femmes et la santé" sur www.who.int/gender/women_health_report/fr/index.html Voir également la campagne associative www.santepourtoutes.org

(5)

Voir "Aide au Sud: le compte n'y est pas", Alternatives Economiques n° 292, juin 2010, disponible dans nos archives en ligne.

(6)

Voir le rapport AidWatch de la fédération européenne d'ONG Concord sur www.concordeurope.org

(7)

Voir le dossier "Comment mieux aider le Sud?", Alternatives Internationales n° 47, juin 2010, disponible dans nos archives en ligne.

(8)

Voir "Pour des politiques européennes cohérentes avec la réduction de la faim dans le monde", CFSI, accessible sur www.cfsi.asso.fr/upload/brochure%20PE_BasDef_1.pdf


Claire Alet
Alternatives Economiques n° 294 - septembre 2010