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lundi 27 septembre 2010

Objectifs du Millénaire : l'environnement laissé-pour-compte

DEV. DURABLE - Actu-Environnement.com - 22/09/2010
Le manque de ressources financières et l'accélération de la perte des écosystèmes risquent de compromettre les Objectifs du Millénaire pour le Développement d'ici 2015, ont prévenu les organisations onusiennes, actuellement réunies à New York.

Adoptés en 2000 par 189 Etats, les huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) fixés par l'ONU visent d'ici 2015 la réduction de moitié de la pauvreté dans le monde, l'enseignement primaire pour tous et la promotion de l'égalité des sexes, la diminution de la mortalité infantile et maternelle, le recul de la faim et des maladies (VIH/sida, le paludisme….), la baisse de moitié de la population qui n'a pas accès à l'eau potable, la protection de l'environnement ou encore la création d'un partenariat mondial pour le développement.

A cinq ans de l'échéance des OMD, plus de 140 chefs d'Etat et de gouvernement, réunis jusqu'au 22 septembre au siège de l'ONU à New York, ont réaffirmé leurs engagements visant à réaliser ces objectifs en dépit des ''crises globales, des catastrophes naturelles et des conflits actuels'', a souligné l'Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Helen Clark, à l'ouverture du sommet le 20 septembre. Mais ''le temps presse'' et les avancées restent trop insuffisantes, a rappelé le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon. Dix ans après la signature de la Déclaration du Millénaire, le bilan est ''mitigé'', selon Joseph Deiss, président de l'Assemblée générale de l'ONU. 

OMD : les indicateurs au rouge

Si des progrès ont été réalisés pour réduire l'extrême pauvreté, lutter contre le sida et en matière de scolarisation, la plupart des objectifs risquent d'être entravés d'ici 2015. A l'instar de la lutte contre la faim, menacée par les crises alimentaires depuis 2008, qui concerne 925 millions de personnes à ce jour... La réduction de la mortalité infantile et de la santé maternelle semble aussi compromise : ''des efforts supplémentaires sont nécessaires'', a prévenu M. Deiss. 
L'objectif n°7 visant ''à assurer un environnement durable'' risque aussi de ne pas être atteint. Tous les indicateurs sont au rouge, selon le rapport 2010 sur les OMD, publié en juin. A commencer par l'objectif de réduction de la perte de la biodiversité en 2010 qui n'a pas été réalisé…, a rappelé l'ONU, malgré des efforts de conservation. ''Si les tendances actuelles se confirment, la perte de biodiversité continuera jusqu'à la fin du siècle'', alors que ''des milliards de personnes en dépendent directement pour leurs modes de subsistance, voire leur survie''.17.000 espèces végétales et animales à la base de différents écosystèmes restent ainsi menacées d'extinction et leur nombre augmente chaque jour, surtout dans les pays en développement. Seuls 12 % de la superficie terrestre de la planète et près d' 1% de la superficie marine sont protégés à l'heure actuelle. L'ONU estime que les pays peuvent encore agir pour réduire la crise d'extinction et appelle les gouvernements à établir une ''action urgente'' d'ici 2020. 

Concernant les ressources halieutiques : la surexploitation des pêcheries mondiales s'est ''stabilisée'' en dix ans, mais ''d'énormes défis demeurent pour garantir leur viabilité''. Seuls 20 % des stocks halieutiques seraient exploités ''modérément ou sous-exploités''. Si au niveau mondial, la déforestation a quant à elle ralenti depuis 2000, notamment grâce aux programmes de boisements en Asie, elle se poursuit à un taux élevé en Afrique et en Amérique du Sud ! 13 millions d'hectares de forêt ont disparu chaque année au cours de la dernière décennie. Conséquences : la déforestation, à l'origine de 18 à 25% des émissions de gaz à effet de serre (GES), aggrave le changement climatique. 
L'ONU souligne d'ailleurs que les émissions mondiales de CO
2 ont augmenté de 35% en 2007 par rapport 1990. Les émissions par habitant restent les plus élevées dans les régions développées : environ 12 tonnes de CO2 par personne et par an en 2007, contre une moyenne de 3 tonnes par personne dans les régions en développement. En revanche, le Protocole de Montréal, signé en 1987 et en vigueur dans plus de 190 pays, a permis d'éliminer 98% des substances appauvrissant la couche d'ozone (ODS) dans le monde fin 2008. 

Si l'objectif visant à réduire de 50% la population n'ayant pas accès à l'eau potable sera ''atteint'' voire''dépassé'' en 2015, celui visant à développer l'assainissement reste en revanche ''hors de portée''. Pourtant près de 884 millions de personnes n'ont toujours pas accès à une eau potable dans le monde tandis que 2,6 milliards d'individus vivent encore sans installations sanitaires. Si cette tendance se poursuit, ce chiffre passera à 2,7 milliards d'ici 2015… Alors que 5 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à l'eau insalubre (choléra, diarrhée, hépatite, typhoïde..) et le manque de mesures d'assainissement.

Or, ne pas réaliser les objectifs environnementaux ne facilite pas l'atteinte des autres OMD. La dégradation des services environnementaux ''rend plus difficile l'amélioration de la santé maternelle et l'approvisionnement en eau potable'', souligne le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), dans un nouveau rapport présenté le 20 septembre. La perte de la biodiversité ralentit ''les efforts entrepris pour atteindre les autres OMD, en particulier ceux qui ont trait à la pauvreté, la faim et la santé, car elle aggrave la vulnérabilité des pauvres et réduit leurs options en matière de développement''. Les forêts ''sont les principales sources d'eau potable et de nutriments nécessaires à l'agriculture tout en apportant des biens essentiels comme les produits alimentaires et médicaux naturels'', précise le PNUE. L'enjeu est donc de préserver les écosystèmes à la veille de la Conférence internationale sur la diversité biologique qui se tiendra à Nagoya en octobre. 

Des OMD plombés par la crise ?

''Malgré les obstacles et le scepticisme, malgré l'échéance de 2015, si proche, les Objectifs du millénaire pour le développement sont réalisables'', assure toutefois Ban Ki-moon, en dépit du ''retard pris dans les progrès''. Selon lui, c'est le ''manque d'engagement et de ressources, le déficit de responsabilité des dirigeants, l'insuffisance de soutien technique et de partenariats qui expliquent cette situation''. Ban Ki-moon a de nouveau exhorté les Etats ''à tenir leurs promesses de financement'', notamment l'engagement pris lors du Sommet du G8 à Gleneagles (Ecosse) en 2005 d'allouer 154 milliards de dollars et d'augmenter l'aide publique au développement (APD) de 50 milliards de dollars d'ici 2010. En 2000, le montant de l'APD a été fixé par l'ONU à 0,7% du revenu national brut pour les donateurs. Mais dans le contexte de crise économique, l'APD n'aurait pas dépassée les 0,3% en 2009 ! Plus de la moitié des pays donateurs de l'OCDE ont ainsi réduit l'aide accordée aux pays pauvres l'an dernier. Selon Philippe Douste-Blazy, conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU, ''il manque 40 à 45 milliards de dollars par an pour financer les OMD''.

''Investir dans l'économie verte''

Le projet de document final de l'Assemblée générale de l'ONU sur les OMD est attendu ce jeudi 23 septembre. Il évoque de nouveaux financements basés sur des taxes touchant les billets d'avion ou les transactions financières. Le PNUE mise aussi sur les investissements ''verts'' dans les secteurs de l'énergie et des transports ''propres'' ou les modes de gestion ''durable'' des forêts et de l'agriculture, selon un rapport. Pour Achim Steiner, Directeur exécutif du PNUE, ''il est de plus en plus évident qu'une transition rapide vers une économie verte, pauvre en carbone, respectueuse des ressources et génératrice d'emplois permet non seulement de résoudre les défis de la durabilité du 21e siècle, mais qu'elle contribue largement à atteindre les autres OMD''. 

Mais beaucoup reste encore à faire avant la date butoir des objectifs. D'autant que le plan d'action pour accélérer les progrès en faveur des OMD, promis par Ban Ki-moon avant le sommet, se fait attendre… De son côté, le Groupe de haut niveau sur la viabilité de l'environnement mondial, lancé en août par l'ONU, doit élaborer des propositions, d'ici fin 2011, pour ''sortir les populations de la pauvreté tout en respectant et en préservant les systèmes naturels et le climat''.

Rachida Boughriet
http://www.actu-environnement.com/ae/news/objectifs-millenaire-developpement-environnement-2015-11047.php4

Objectifs du millénaire : l'ONU s'engage à hauteur de 40 milliards de dollars




LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 22.09.10 | 08h55  •  Mis à jour le 22.09.10 | 10h35



Ban Ki-moon a estimé que cette stratégie globale visant la santé des femmes et des enfants sauverait seize millions de vies d'ici à 2015.


AFP/TONY KARUMBA
Ban Ki-moon a estimé que cette stratégie globale visant la santé des femmes et des enfants sauverait seize millions de vies d'ici à 2015.


Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé mercredi 22 septembre des engagements à hauteur de 40 milliards de dollars (30 milliards d'euros environ) pour améliorer la santé des femmes et des enfants dans le monde, engagements qui, selon lui, permettront de sauver seize millions de vie d'ici à 2015. "Nous savons ce qui marche pour sauver la vie des femmes et des enfants, et nous savons que les femmes et les enfants sont un élément crucial pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement", a déclaré le secrétaire général dans un communiqué diffusé au dernier jour du sommet de l'ONU à New York.
Diminuer la mortalité des femmes pendant la grossesse et au cours des naissances ainsi que les morts d'enfants de moins de cinq ans sont, des huit Objectifs du millénaire pour le développement fixés en 2000 pour 2015, les deux qui progressent le plus lentement.
"PREMIER ACCORD GÉNÉRAL SUR LA MANIÈRE"
Selon l'ONU, dépenser pour les femmes et les enfants réduit la pauvreté, stimule la croissance économique et constitue un droit de l'homme fondamental. Parmi les donateurs figurent des pays comme l'Afghanistan et la Zambie, mais aussi l'Australie, la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l'Allemagne, l'Inde, le Japon, la Russie et les Etats-Unis ; les fondations des hommes les plus riches du monde, Bill Gates etCarlos Slim ; des ONG comme Amnesty International et des multinationales commeThe Body Shop, LG Electronics et Pfizer.
"C'est la première fois que nous avons un accord général sur la manière d'affronter cette question", a dit à Reuters le professeur Robert Orr, conseiller de Ban Ki-moon, ajoutant que le plan était approuvé par les cent quatre-vingt-douze Etats membres de l'ONU. "Jamais autant[d'hommes et d'organisations] ne se sont réunis pour sauver les vies de femmes et d'enfants", a lancé le premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, dont le pays est l'un des plus généreux donateurs. Pour la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, investir dans la santé des femmes et des enfants "mérite d'être en tête de notre ordre du jour de développement".
Selon un communiqué de l'ONU, le résultat positif de l'initiative annoncée mercredi permettra de sauver plus de 15 millions d'enfants de moins de cinq ans entre 2011 et 2015. L'initiative permettra aussi d'éviter 33 millions de grossesses non désirées et d'empêcher que 740 000 femmes meurent de complications liées à la grossesse et à la naissance. En outre, 120 millions d'enfants seront protégés contre la pneumonie.