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vendredi 14 janvier 2011

Con ou com : contradictoire ou complémentaire?

Nous assistons à un ré-apprivoisement des zones désertiques, à des fins énergétiques ou environnementales, en Chine, ou en Jordanie par exemple, où se développe actuellement le "Sahara Forest Project". Impressionnant et certainement bénéfique, espérons.

Dans le même temps, selon une agence onusienne, l'Organisation mondiale de l'Agriculture et de l'Alimentation, "13 millions d'hectares de forêts disparaissent de la surface du globe" chaque année.
Rien qu'au Pérou, plus d'une vingtaine d'espèces sont "en danger critique d'extinction" d'après maxisciences.com.


Même si la courbe de déforestation aurait tendance à s'inverser pour s'affaiblir - mieux vaut tard que jamais - et même si la déforestation permettrait d'en savoir davantage en matière de biodiversité - "WWF estime qu'en dix ans 1200 nouvelles espèces de plantes et d'animaux ont été révélée" - la destruction qui persiste d'un côté et la "réparation" de l'autre est elle bien utile? 

Quelle énergie gaspillée !!!!!

lundi 27 septembre 2010

Objectifs du millénaire: tout reste à faire

Claire Alet
Alternatives Economiques n° 294 - septembre 2010

Du 20 au 22 septembre à New York, les dirigeants de la planète ont tiré le bilan des avancées des Objectifs du millénaire fixés pour 2015. Des résultats plus que mitigés.

Rendez-vous planétaire à New York. Du 20 au 22 septembre, les dirigeants du monde se sont retrouvés aux Nations unies pour un "Sommet contre la pauvreté". A cinq ans de la date butoir fixée à 2015 par l'ONU, il s'agissaitt du dernier bilan d'étape dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Cet ambitieux programme de réduction de la pauvreté a été défini en septembre 2000 lors du Sommet du millénaire, qui avait réuni 147 chefs d'Etat. Concrètement, la communauté internationale s'était alors engagée à réduire de moitié la part de la population dont le revenu est inférieur à 1,25 dollar, à diviser par deux la proportion de ceux qui souffrent de la faim, à universaliser l'accès à l'école primaire, etc.


A la différence de maintes promesses antérieures, les OMD fixaient des objectifs non seulement chiffrés, mais aussi assortis d'une échéance: 2015. Une vraie rupture après cinquante ans de déclarations de bonnes intentions. Et d'autant plus nécessaire qu'au cours des années 1990, l'aide au développement s'était essoufflée, justifiant ainsi le constat qu'elle n'avait pas permis d'accélérer fortement la croissance des pays pauvres.

"Les OMD ont eu le mérite de mobiliser les dirigeants sur le développement. Aujourd'hui, c'est la seule référence consensuelle qui existe sur le sujet entre les Etats", souligne Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale du Crid et porte-parole de l'AMCP, l'Action mondiale contre la pauvreté (voir encadré p.40). Autre point positif: "Les OMD ont permis de revenir sur la dimension sociale du développement et d'aider à reconstruire les services sociaux qui avaient été dévastés par les programmes d'ajustement structurel", explique Serge Michailof, consultant et professeur à Sciences-Po (1). En effet, au début des années 2000, un grand nombre de pays pauvres étaient exsangues, du fait des douloureuses cures d'austérité imposées par leur endettement et exigées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) en contrepartie de leurs prêts.

Mobilisation pour les OMD
"OMD 2015: des actes!", telle est la campagne lancée par l'Action mondiale contre la pauvreté (AMCP), en amont du Sommet contre la pauvreté qui se tiendra à New York, fin septembre. L'AMCP regroupe des ONG, des associations de lutte contre la pauvreté, des syndicats et des collectivités territoriales. Elle représente en France la Global Call for Action against Poverty, une campagne internationale initiée en 2005 afin de suivre les engagements des Etats dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

A travers une pétition, l'AMCP demande que la France ratifie le protocole facultatif du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (Pidesc). Celui-ci permettrait aux populations dont les droits ont été bafoués de porter plainte auprès du Comité Desc de l'ONU. La coalition exige également des Etats qu'ils débloquent les fonds sur lesquels ils se sont engagés et qu'ils mettent en place une taxe sur les transactions financières. "Nous plaidons aussi pour une plus grande implication des collectivités locales, des parlements nationaux et de la société civile dans la mise en oeuvre des OMD, explique Nathalie Péré-Marzano, porte-parole de l'AMCP. La réalisation des OMD ne peut pas se limiter à une relation d'Etat à Etat."

En savoir plus
http://omd2015.fr (pétition en ligne).

Des programmes au détriment de la croissance
"On a eu cependant tendance, avec les OMD, à se focaliser sur la santé et l'éducation, au détriment de la croissance. On a mis en place des mécanismes d'aide qui accroissent la dépendance des pays du Sud. On ne les aide pas à créer la richesse qui permettrait de soutenir ces actions sociales de manière pérenne", poursuit Serge Michailof. Car si l'amélioration des conditions sanitaires et l'accès à l'éducation sont des conditions du développement, ils ne suffisent pas à assurer une croissance durable.

De plus, si les OMD, en fixant des objectifs chiffrés, ont eu l'avantage de définir des buts, ils ont eu pour inconvénient d'inciter les décideurs à "faire du quantitatif", au détriment de la qualité. Ainsi, le taux de scolarisation dans le primaire dans les régions en développement est passé de 82% en 1999 à 89% en 2008; il a même progressé de 18 points en Afrique subsaharienne. Mais on se réjouirait davantage de ce résultat - qui laisse hors d'atteinte l'objectif d'accès universel à l'éducation pour 2015 - si cette hausse n'avait pas été réalisée au prix d'un recrutement massif de professeurs non qualifiés et sous-payés qui se retrouvent face à des classes surchargées. Au détriment de la qualité de l'enseignement.

Une réduction de la pauvreté en trompe-l'oeil
Même l'avancée la plus notable - la réduction de la pauvreté - est à relativiser. L'objectif était de faire passer la proportion de personnes vivant en dessous du seuil international de pauvreté (*) dans les pays en développement de 42% en 1990 (1,8 milliard de personnes) à 21% en 2015. "Cet objectif est en passe d'être atteint. Même si la crise a ralenti le rythme", a affirmé Fabrice Ferrier, coordinateur pour la France de la Campagne du millénaire, lors de la présentation du rapport sur les OMD du secrétaire général de l'ONU en juin dernier (2).

Cependant, la réduction globale de la pauvreté est essentiellement imputable à la croissance des pays émergents, plus particulièrement de la Chine et de l'Inde. Le taux de pauvreté chinois devrait tomber à 5% d'ici à 2015. Quant à celui de l'Inde, il devrait passer de 51% en 1990 à 24% en 2015. En revanche, plusieurs autres régions du globe ne devraient pas atteindre l'objectif: l'Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient et certains pays du Golfe, d'Europe de l'Est et d'Asie centrale. Selon la Banque mondiale, la crise a maintenu 50 millions de personnes de plus que prévu dans l'extrême pauvreté en 2009. Et ce chiffre pourrait atteindre 64 millions fin 2010. En outre, ces évaluations se cantonnent à la mesure de (l'extrême) pauvreté monétaire, c'est-à-dire au revenu disponible. Or, un même niveau de revenu peut avoir une signification bien différente selon que les personnes peuvent ou non bénéficier de la solidarité familiale ou d'un réseau social.

Un nombre record de sous-alimentés
Qui dit pauvreté, dit souvent sous-alimentation (*) . Un phénomène qui ne résulte pas le plus souvent d'une pénurie de nourriture, mais qui est la conséquence d'une insuffisance de revenu. Dans ce domaine, l'objectif fixé par les OMD est loin d'être atteint. Il posait comme but de "réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim". En 1990, cette proportion était de 20%. Elle a certes diminué jusqu'en 2000-2002 pour atteindre 16%, mais a stagné jusqu'en 2007 pour remonter à partir de 2008, année de crise alimentaire suite aux fortes hausses des prix des denrées alimentaires.

Les huit Objectifs du millénaire pour le développement

réduire l'extrême pauvreté et la faim.
assurer l'éducation primaire pour tous.
promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes.
réduire la mortalité infantile.
améliorer la santé maternelle.
combattre le VIH-sida, le paludisme et d'autres maladies.
assurer un environnement durable.
mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Ces 8 objectifs se déclinent en 21 cibles, évaluées par 60 indicateurs statistiques.

En savoir plus
liste des cibles et indicateurs sur http://omd2015.fr/?p=138

La crise financière et économique qui a suivi n'a pas arrangé les choses, grossissant les rangs des personnes au chômage ou contraintes à des emplois précaires. Résultat: l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime que 1,02 milliard de personnes étaient sous-alimentées en 2009. C'est le chiffre le plus élevé depuis qu'on dispose de statistiques. Les régions les plus touchées sont l'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud (Inde, Bangladesh, Pakistan, Afghanistan…). Seule l'Asie du Sud-Est pourrait atteindre l'objectif en 2015, grâce à l'enrichissement de la Chine.

Le spectre de la crise alimentaire
"Le spectre d'une nouvelle crise alimentaire n'a pas disparu", affirme Bénédicte Hermelin, directrice du Groupe de recherche et d'échanges technologiques (Gret). Car si les prix des denrées alimentaires sont redescendus, ils restent plus élevés qu'avant 2008. Et les perspectives ne sont pas bonnes: selon l'OCDE et la FAO (3), les prix des matières premières agricoles (blé, céréales, lait…) seront en moyenne plus élevés pendant la prochaine décennie que durant celle précédant la flambée des prix de 2007-2008. La faute notamment à la spéculation sur les prix des matières premières, source de volatilité. Mais aussi à une concurrence accrue entre usage alimentaire et usage énergétique des terres agricoles cultivées. Ainsi, l'OCDE et la FAO prévoient que la production d'éthanol (utilisé comme agrocarburant) à partir de betterave, de maïs et de canne à sucre devrait doubler d'ici à 2019.

Dans ce contexte, des pays comme la Chine, le Japon ou la Corée du Sud achètent ou louent de plus en plus de terres agricoles dans certains pays du Sud, afin d'assurer l'approvisionnement alimentaire de leur propre population, au détriment des populations locales. Enfin, pour ne rien arranger, les pays en développement pourraient connaître un déclin de 9% à 21% de leur productivité agricole potentielle totale d'ici à 2050, selon la FAO, à cause du réchauffement de la planète (sécheresse, inondations, notamment).

Au final, sur les huit Objectifs du millénaire, seule la cible un du premier, relative à la pauvreté, devrait être atteinte en 2015, dans les limites décrites plus haut. L'OMD ayant fait le moins de progrès est celui qui vise l'amélioration de la santé maternelle. Selon l'OMS (4), 500 000 femmes meurent chaque année pendant la grossesse ou l'accouchement, dont 99% dans les pays en développement. En dépit de quelques avancés, 55% des femmes d'Asie du Sud et 54% de celles d'Afrique subsaharienne accouchaient sans la présence de personnel qualifié en 2008. La santé maternelle (et infantile) a d'ailleurs été un des thèmes du G8 qui s'est tenu à Toronto en juin dernier. Les chefs d'Etat ont décidé de débloquer 5 milliards de dollars additionnels sur cinq ans. Mais encore faut-il qu'ils tiennent promesse.

Une aide insuffisante
Car l'aide demeure insuffisante et la liste des engagements non honorés s'allonge (5). L'aide a certes crû de 34% entre 2004 et 2010 de la part des pays de l'OCDE, mais elle ne dépasse pas 0,32% de leur produit intérieur brut (PIB) cette année. Cette progression ne représente que 27 milliards de dollars, loin des 48 milliards d'aide additionnelle promise pour 2010 lors du G8 de Gleneagles en 2005. Une somme qui restait elle-même bien en deçà des 185 milliards de dollars jugés nécessaires pour atteindre les OMD (soit 0,54% du PIB des pays riches), selon les estimations réalisées en 2005 pour les Nations unies par l'économiste Jeffrey Sachs. Parallèlement, quinze membres de l'Union européenne s'étaient engagés à porter leur aide individuelle à 0,51% de leur PIB (6). Or, certains restent en retard, dont la France qui, malgré des efforts ces dernières années, n'a consacré à l'aide au développement que 0,46% de son PIB en 2009, un montant qui pourrait bien diminuer, rigueur budgétaire oblige.

Face à l'insuffisance de l'aide et devant l'urgence de la situation, aggravée par la nécessité de trouver des financements supplémentaires pour faire face au changement climatique, la question des financements innovants est régulièrement mise sur le tapis. A l'instar de la taxe sur les billets d'avion, qui a rapporté 2 milliards d'euros depuis son instauration en 2006. Une taxe sur les transactions financières, prônée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lors du dernier G20 de Toronto, et soutenue par les ONG, fait partie des projets à l'étude. Mais elle ne devrait pas être lancée avant le G20 accueilli en France en novembre 2011. Une telle taxe aurait pour avantage de stabiliser les ressources, indépendamment du bon vouloir des Etats.

Car pour le moment, en matière d'aide, chaque pays demeure maître du montant et du contenu. Ainsi, en ce qui concerne la France, il faut distinguer dans la somme totale ce qui relève de l'aide réelle et d'artifices financiers. La France inclut dans son aide publique des annulations de dettes et des dépenses qui ne profitent pas aux populations pauvres, tel que l'accueil d'étudiants étrangers ou l'assistance technique par du personnel expatrié. Au total, Coordination Sud considère que l'aide "réelle" de la France entre 2002 et 2008 ne représentait en moyenne que 57% de l'aide officielle.

La qualité laisse à désirer
"Au-delà de la quantité, il faut veiller à la qualité de l'aide", plaide en outre Nathalie Péré-Marzano. L'AMCP, avec d'autres organisations comme l'OCDE, prône ainsi l'appropriation par les pouvoirs publics et la société civile au Sud des mécanismes de distribution et d'utilisation de l'aide. Ainsi que leur implication dans la définition des politiques qu'elle est censée financer (voir encadré). "Les bénéficiaires devraient pouvoir se saisir de la façon de parvenir aux OMD", affirme Pascal Erard, responsable du plaidoyer au CFSI.

En termes de qualité, il est aussi nécessaire de repenser l'orientation de l'aide. "L'aide me paraît trop orientée vers les dimensions dites "sociales", et cela risque de compromettre l'avenir", estime Jean-Michel Severino, inspecteur général des Finances et ancien directeur de l'Agence française de développement (AFD). "Aujourd'hui, nous observons des dynamiques de croissance forte en Afrique au sud du Sahara. Il est crucial de les accompagner pour qu'elles soient durables", poursuit-il (7). Comment? Notamment en épaulant l'économie informelle, qui représente la moitié des emplois urbains en Afrique. En aidant à la construction ou à la reconstruction d'appareils d'Etat capables de recouvrer les taxes pour ensuite financer les services sociaux. Ce qui passe aussi par une lutte efficace contre la corruption. Ainsi qu'en encourageant les investissements dans l'agriculture.

La priorité agricole
"C'est d'abord en soutenant l'agriculture qu'on résoudra le gros du problème de la pauvreté", ajoute Serge Michailof. Car les trois quarts des pauvres de la planète vivent en milieu rural et dépendent directement des activités agricoles pour leur revenu. Paradoxalement, les petits producteurs représentent 80% des personnes sous-alimentées. Or, les budgets consacrés à l'agriculture sont trop faibles. En Afrique subsaharienne, rares sont les pays qui y consacrent plus de 4% de leur budget national. Et la part de l'aide publique mondiale au développement destinée à ce secteur a chuté de 17% à 3,8% entre 1980 et 2005. "Investir dans l'agriculture, ce serait donner aux paysans accès à une formation, au crédit, à des intrants de qualité et à des semences adaptées aux conditions locales", explique Bénédicte Hermelin.

"Mais rien ne sert d'investir dans l'agriculture si l'on poursuit par ailleurs la libéralisation des marchés agricoles", rappelle-t-elle. Car l'ouverture des frontières, préconisée par les organisations internationales, dont l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a été défavorable aux petits producteurs. Leurs produits ont été concurrencés par des importations moins onéreuses, puisque bénéficiant de coûts de production plus favorables ou de subventions.

Or, aujourd'hui, dans le domaine agricole, l'Union européenne continue à subventionner, directement ou indirectement, ses exportations. Tout en faisant pression sur ses "clients" du Sud pour qu'ils réduisent leurs protections commerciales dans le cadre d'accords de partenariat économique (*) . Ce qui revient plus ou moins à reprendre d'une main ce qui est donné de l'autre, dans l'agriculture comme dans d'autres domaines.

"Les enjeux de mise en cohérence des politiques est au moins aussi important que le montant de l'aide", constate Pascal Erard. Il faudrait donner la possibilité aux pays du Sud de protéger certaines productions nationales et de choisir quels sont les produits qui sont ouverts aux importations" (8). Il s'agirait donc de donner davantage de pouvoir de décision aux acteurs des pays en développement et, par conséquent, de s'éloigner d'une approche caritative. Car sortir de la pauvreté, ce n'est pas seulement en finir avec l'indigence. C'est aussi avoir des droits économiques, sociaux, culturels et politiques. Et d'avoir la capacité de prendre en main les conditions de son avenir.


* Seuil international de pauvreté : seuil en dessous duquel une personne est considérée comme pauvre. Il est fixé à 1,25 dollar par jour. Mais pour tenir compte des disparités nationales de pouvoir d'achat, la proportion de la population vivant en dessous de ce seuil est évaluée en parité de pouvoir d'achat (PPA).

* Sous-alimentation : situation dans laquelle l'apport calorique est inférieur aux besoins énergétiques alimentaires minimaux, c'est-à-dire à la quantité d'énergie nécessaire à la pratique d'une activité légère et au poids minimum acceptable pour une taille donnée, selon la FAO.

* Accord de partenariat économique (APE) : accord par lequel les anciennes colonies doivent ouvrir 80% de leur marché à l'Union européenne, en échange d'un accès préférentiel au marché européen pour leurs exportations. Auparavant, ces préférences étaient accordées sans contrepartie.



(1)

Serge Michailof a publié Notre maison brûle au Sud. Que peut faire l'aide au développement, éd. Fayard, mars 2010.

(2)

Rapport 2010 sur les OMD des Nations unies disponible sur www.un.org/fr/millenniumgoals/pdf/report2010.pdf

(3)

Voir "Perspectives agricoles 2010-2019" sur www.ocde.org

(4)

Rapport "Les femmes et la santé" sur www.who.int/gender/women_health_report/fr/index.html Voir également la campagne associative www.santepourtoutes.org

(5)

Voir "Aide au Sud: le compte n'y est pas", Alternatives Economiques n° 292, juin 2010, disponible dans nos archives en ligne.

(6)

Voir le rapport AidWatch de la fédération européenne d'ONG Concord sur www.concordeurope.org

(7)

Voir le dossier "Comment mieux aider le Sud?", Alternatives Internationales n° 47, juin 2010, disponible dans nos archives en ligne.

(8)

Voir "Pour des politiques européennes cohérentes avec la réduction de la faim dans le monde", CFSI, accessible sur www.cfsi.asso.fr/upload/brochure%20PE_BasDef_1.pdf


Claire Alet
Alternatives Economiques n° 294 - septembre 2010

SARKOZY JOUE DU PIPEAU À L’ONU

mardi 21 septembre 2010

Alors que les États des pays riches ont distribué des centaines de milliards aux banques, voilà que Sarkozy, pour lutter contre la pauvreté dans le monde, parle de ressortir un projet de taxe sur les transactions financières. Même si cette proposition était acceptée, ce qui est loin d’être fait, les financiers n’ont pas de quoi se montrer inquiets car le montant proposé pour cette taxe est de 0,005%.
Et de toute façon, ce ne sont que des mots qui n’engagent que ceux qui y croient.

Terrorisme : Sarkozy veut effacer ses soucis.

Nous avons offert un weekend à New York à Nicolas et Carla Bruni-Sarkozy. Le couple présidentiel est en effet parti avec deux jours d'avance à Manhattan, avant une participation du président français lundi à un Sommet sur les objectifs du millénaire organisé sur place. Mais il rentrera bien vite à Paris, car le terrorisme menace. En France, Hortefeux et Besson s'essayent tout autant à tourner la page des polémiques sur les roms et les outrances sécuritaires de l'été.



Nicolas et Carla en shopping à New York 

Chemise sombre ouverte largement ouverte sur une chaînette dorée, veste noire, Nicolas
Sarkozy s'est montré décontracté à la sortie de son hôtel de luxe à Manhattan. Un look à laTony Montana qui ne surprend plus qui fait quand même désordre en ces temps de disette budgétaire : malgré les cris d'orfraie, la semaine dernière, qui ont accompagné la publication du coût du bouclier fiscal en 2009, le ministre du budget a prévenu qu'il n'y toucherait pas :« Je propose la stabilité. »  

François Baroin place de grands espoirs sur le débat qu'il tente de susciter sur la convergence fiscale avec l'Allemagne. Cette comparaison permettrait, selon lui, de justifier certains allègements fiscaux comme ce bouclier. Autre nouvelle de la semaine, les jeunes mariés (et les jeunes divorcés) perdront prochainement la faculté d'établir 3 déclarations fiscales l'année de leur union (ou de leur séparation), comme s'était le cas jusqu'à présent. Le gouvernement espère économiser 500 millions d'euros par an. 

A l'ONU, Sarkozy voulait rappeler que l’aide publique au développement (APD) serait, en 2011, la seule dépense publique à ne pas baisser. Quel effort ! En fait, l'argument est partiellement faux : le budget de l'APD sera stable en valeur, mais donc en baisse en valeur relative comparé à la croissance du PIB. La France n'atteint toujours pas l'objectif fixé par l'ONU de consacrer 0,7% de son PNB à l'APD. Le taux 2009 était à peine de la moitié (0,39% ). Comme un rapport sénatorial le rappelait l'an dernier, la France est loin des objectifs fixés par l'ONU. Nicolas Sarkozy se présente à New York avec de piètres résultats : « Ceci se traduit, pour la France, par un objectif intermédiaire de 0,51% en 2010 qu'elle n'atteindra pas. » écrivait les sénateurs en novembre 2009, à propos du budget 2010. 

On explique que Nicolas Sarkozy est très préoccupé par la situation nationale, qu'il s'agisse des otages français au Niger ou de la journée d'action contre les retraites jeudi. Il a donc raccourci son déplacement, et, sans attendre l'intervention de Barack Obama mercredi ni l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies, il rentre dès lundi soir pour Paris. Comprenne qui pourra... Il fait du shopping samedi et dimanche avec Carla mais snobe l'essentiel de l'agenda officiel ensuite. Et son propre agenda est désespérément vide. Dans les coulisses, ses conseillers alimentent la presse avec de multiples détails sur cette nouvelle menace terroriste. 

Hortefeux le vigilant 

Après ses provocations sur la réforme de la justice de samedi dernier, le ministre de l'Intérieur réinsiste sur son nouveau crédo, la menace terroriste. Il paraît qu'elle s'est accru 
« ces derniers jours. » Selon RTL, une femme kamikaze s'apprêtait à commettre  un attentat à Paris jeudi dernier. Et le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, serait la cible d'un autre attentat. Deux réseaux jihadistes distincts se seraient réveillés en France. A quelques jours d'une grande journée d'action sociale contre la réforme des retraites, cette menace tombe à pic ! Vendredi dernier, Hortefeux s'était précipité aux pieds de la Tour Eiffel après qu'un attentat ait été paraît-il déjoué la veille. Dimanche encore, Brice Hortefeux participait à une cérémonie d'hommage à trois Français victimes du terrorisme depuis janvier. A coup de belles formules, le ministre veut visiblement passer à autre chose : « Le terrorisme s'est servi de la vie de ces trois hommes au service de revendications politiques radicales qui remettent en cause le coeur même de notre démocratie. » 

On voudrait quand même bien croire Brice Hortefeux, tant l'actualité lui donne raison. On est toujours sans nouvelle des 7 otages, dont 5 Français, kidnappés voici 5 jours au Niger. Et la DCRI a davantage fait parler d'elle, ces derniers temps, pour ses écoutes d'un conseiller pénal de la Garde des Sceaux dans l'affaire Woerth... On s'imagine surtout qu'invoquer la menace terroriste permet de rester sur un agenda sécuritaire, cette fois-ci plus consensuel. 

Cette nouvelle prise d'otages au Niger permet de rappeler plusieurs points de faille dans l'argumentaire sarkozyen. Primo, le nucléaire français en prend un coup. Présenté comme un énergie sans souci, on découvre, via ce malheureux fait divers, que la matière première de nos chères centrales n'est pas chez nous : il faut l'extraire et l'importer de zones souvent dangereuse. Hier otage du pétrole, la France est-elle désormais otage de l'uranium ? Secundo, les provocations électoralistes de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de l'Islam n'ont rien arrangé : vote de la loi d'interdiction du port de la Burqa la semaine dernière (coïncidence ?), outrances contre l'Iran, réaction molle contre Israël après la guerre à Gaza en janvier 2009, débat islamophobe sur l'identité nationale, la Sarkofrance clive, rejette, fustige et stigmatise à souhaits. 

Eric Besson l'humaniste 

Eric Besson était l'invité de RTL, LCI et du Figaro, dimanche soir vers 18h30. Le ministre de l'identité nationale veut aussi tourner la page. Il a certes réitéré son indignation contre les comparaisons établies, de Bruxelles au Parti Socialiste, entre l'action du gouvernement auquel il appartient et le régime de Vichy. Au passage, il se répète : « cette circulaire, je ne la connaissais pas » a-t-il déclaré à propos de la circulaire du 5 août dernier ciblant les roms pour les destructions de campements. Un peu plus tard, il a lancé un défi aux responsables socialistes de débattre avec lui sur l'immigration. « Je suis persuadé que l'action que nous menons est bonne pour notre pays. » Mais pour l'essentiel, il voulait réaffirmer la légitimité de la politique qu'il conduit, « cap républicain exigeant, aussi bien pour les Français que pour les étrangers. » Eric Besson n'aime pas qu'on le compare à l'extrême droite. Même s'il s'est complètement fondu dans le camp et les codes de l'UMP, il lui reste à expliquer constamment que ses choix sont les seuls possibles et les plus légitimes : « Je ne suis pas las d'être ministre. J'ai un projet de loi à porter et suis convaincu que le cap que nous visons est juste.» 

Samedi 18 septembre, l'ancien Haut Commissaire aux Solidarités Actives, Martin Hirsch, a formulé formulé « l'espoir que la parenthèse de ces dernières semaines se referme vite, que les querelles cessent, sans vainqueur ni vaincu, l'espoir que dans tous les pays d'Europe l'intégration des Roms (...) devienne rapidement exemplaire, par une mobilisation européenne solidaire ». 

Sarkozy a trouvé comment répondre aux inquiétudes de son ancien ministre : en changeant une fois de plus de sujet de préoccupation.

Vers une nouvelle crise alimentaire ?

20/09/10
Les manifestations de Maputo, début septembre, font craindre une contagion régionale, comme en 2008. Entre sécheresse et flambée des prix, le risque d’explosion est réel.
Pierres contre balles réelles, les 1er et 2 septembre, à Maputo. Dans la capitale mozambicaine, les manifestations contre la vie chère ont tourné au drame (13 morts) et ont cruellement rappelé la crise alimentaire mondiale de 2008: de Dakar à Douala, les populations avaient battu le pavé pour protester contre la flambée des prix sur les marchés. Deux ans plus tard, la sécheresse dans le bassin de la mer Noire, zone céréalière par excellence, donne de nouvelles sueurs froides.
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture ture se veut pourtant rassurante: « Il n’y a aucune raison de craindre la flambée des prix de 2007 et 2008 », selon l’institution, qui rappelle que le prix du pétrole – nécessaire à l’acheminement des denrées – ne crève pas le plafond et que les stocks de céréales culminent à 527 millions de tonnes, leur plus haut niveau depuis huit ans. Sans compter que, en dépit du gel des exportations de blé décrété par la Russie (troisième producteur mondial) et des inondations au Pakistan, la campagne 2010-2011 promet d’être excellente.
Pouvoir d’achat
Aussi optimistes soient-elles, ces prévisions ne suffisent pas à rassurer les pays africains, qui importent 85 % des denrées alimentaires. « Quels que soient les cours mondiaux, nous subissons la crise », ironise Momar Ndao, de l’Association des consommateurs du Sénégal: « Les commerçants ont bien compris comment faire du profit. Ils stockent les marchandises pour faire monter les prix. » En Côte d’Ivoire, la baisse de la TVA sur l’importation des produits de première nécessité – mesure décidée après les émeutes de 2008 – n’a rien changé. « Le sac de blé est passé de 19000 à 8500 F CFA [13 euros], mais la baguette de pain est toujours à 150 F », s’indigne Doukoua Godé, président de la Fédération des associations de consommateurs, en soulignant que le seul vrai problème c’est la baisse du pouvoir d’achat.
La situation est bien plus complexe dans les villages et montre les faiblesses des politiques agricoles: méthodes de production surannées, cultures vivrières abandonnées au profit de cultures de rente, tout cela ajouté aux aléas climatiques… « Malgré tout, il est possible de devenir autosuffisants », s’enthousiasme Lamissa Diakité, chercheur à l’Institut d’économie rurale du Mali, devant l’expérience conduite dans son pays. En trois ans, l’amélioration des méthodes agricoles a permis d’envisager pour 2010 une récolte de 7 millions de tonnes, bien supérieure à celle de 2007 et « suffisante pour couvrir les besoins du pays ».
Mécontentement
Du 20 au 22 septembre, à cinq ans de l’échéance des Objectifs du millénaire, un sommet de l’ONU réunissant chefs d’État et de gouvernement se tiendra à New York. « Peut-être qu’ils en profiteront pour bien analyser ce qui s’est passé au Mozambique et réfléchiront aux répercussions que cela peut avoir sur tout le continent », espère Moustapha Kadi, coordinateur du programme de gestion de la crise alimentaire de 2010 au Niger. Selon lui, le mécontentement est réel, et il y a un vrai risque d’explosion sociale. Car, « comme dit le proverbe, ventre affamé n’a point d’oreilles ».

La forêt, espace en voie de disparition : 1 défi à relever pour les Objectifs du Millénaire pour le Développement

FNE[17.09.2010] [Général]

Du 20 au 22 septembre prochains, les chefs d’Etat membres des Nations Unies doivent se réunir afin de se mettre d’accord sur 8 objectifs mondiaux de développement durable qui s’inscriront dans les « Objectifs du Millénaire pour le Développement » (OMD). Ce sommet se tiendra en préalable de l’Assemblée Générale des Nations-Unies à New-York. FNE souhaite que les financements innovants pour la conservation des forêts soient inclus dans l’objectif de lutte contre les changements climatiques.

Priorité aux financements de la lutte contre la déforestation dans les pays en développement

Ce sommet est l’occasion pour les Etats de réaffirmer leurs engagements notamment en matière de financements pour l’aide aux pays en développement dans leur lutte contre la déforestation et la dégradation forestière.

La déforestation tropicale est responsable de 20 à 25 % des émissions annuelles mondiales de dioxyde de carbone : principale gaz à effet de serre (GIEC, 2000).

Elle se concentre dans des pays en développement, qui, non seulement, ne peuvent pas supporter financièrement le coût de la lutte contre la déforestation, mais qui subissent également les conséquences environnementales et économiques des émissions historiques de gaz à effet de serre des pays industrialisés. Scénario bien négatif à l’heure ou l’objectif global des OMD est la réduction de moitié de la pauvreté extrême dans le monde d’ici 2015.

Pour Eglantine Goux, chargée de mission forêt internationale à FNE, « ces pays ont déjà fait des propositions chiffrées pour la réduction de la déforestation (1) , ils n’attendent que des signaux positifs de la part des pays industrialisés qui ont une responsabilité nette dans ce phénomène en tant qu’importateurs de bois exotiques »

Les financements ne doivent pas être un rhabillage de l’aide publique

Pour que cette lutte soit efficace, il est primordial que ces fonds soient pérennes et s’ajoutent à l’aide publique au développement déjà inscrit dans les programmes de quelques pays industrialisés (La France s’est engagé à accorder 0,51% de son Revenu National Brut à l’aide au développement, un montant comparable doit être alloué à la lutte contre la déforestation). La mobilisation de fonds publics supplémentaires doit donc être alimentée par de nouvelles sources de financement (financements innovants) qui mettraient à contribution les secteurs émetteurs de gaz à effet de serre, tels que les transports aériens et maritimes.

(1) Enregistrés dans l’accord de Copenhague de décembre 2009

Pour Sébastien Genest, vice-président de France Nature Environnement : « les chefs d’Etats européens doivent faire pression et promouvoir la mobilisation de financements innovants, notamment, via la taxation des transactions financières d’une part et d’autre part des transports aériens et maritimes, pour leurs effets sur le climat.»

Pour FNE, les recettes de ces taxations doivent alimenter un fond global permettant d’appuyer les pays en développement dans leur lutte contre la déforestation, la limitation des émissions de Gaz à Effet de Serre, et la mise en place de mesures d’adaptation aux changements climatiques.

L'accès à l'électricité, verrou de la lutte contre la pauvreté

Mots clés : Énergie, Pauvreté, ONU

Entre 1,4 et 2 milliards d'être humains, selon les estimations, n'ont toujours pas l'électricité à la maison ou même dans leur village.

Ce seul chiffre résume bien des discours. Les quelque 800 millions d'habitants de l'Afrique subsaharienne consomment autant d'électricité que les 20 millions de New-Yorkais. La lutte contre la «pauvreté énergétique» doit être replacée au centre des Objectifs du millénaire, a plaidé mardi au siège de l'ONU à New York Nobuo Tanaka, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
En 2000, lors du lancement des Objectifs du millénaire à Johannesburg, «l'énergie n'était pas du tout mentionnée», rappelle au Figaro Fatih Birol, l'économiste en chef de l'AIE. Elle est désormais au cœur des préoccupations. Car, comme le souligne Fatih Birol, sans électricité, l'accès à l'eau potable via des pompes est compromis. Sans électricité, impossible de conserver au frais des médicaments susceptibles de réduire la mortalité infantile. «Vivre sans électricité, c'est réduire son espérance de vie par deux», a déclaré sans nuance Anne Lauvergeon, la présidente d'Areva, la semaine dernière lors du Congrès mondial de l'énergie à Montréal.

Ressources mal réparties

Aujourd'hui encore, de 1,4 à 2 milliards d'être humains, selon les estimations, n'ont pas l'électricité à la maison ou même dans leur village. Environ 85% des «sans-courant» vivent en zone rurale. Dans ces régions reculées, principalement en Afrique mais aussi en Asie du Sud-Est, le modèle de grosses centrales connectées à un réseau électrique national ou régional est obsolète, pointe l'expert en chef de l'AIE.
«Il faut décentraliser la production, avec l'hydraulique, le solaire, l'éolien », poursuit-il, qui deviennent compétitifs surtout lorsqu'on fait l'économie de la construction de coûteuses lignes à haute tension. Ainsi, au Gabon, pays pourtant riche en pétrole, 40% de la population n'ont pas accès au courant. Or, explique au Figaro le ministre gabonais de l'Énergie, Régis Immongault, le potentiel hydroélectrique «gigantesque» de 6000 mégawatts (MW) n'est exploité qu'à 6%.
L'AIE a calculé que, pour fournir de l'électricité à chaque Terrien en 2030, un investissement supplémentaire de 36 milliards de dollars par an est nécessaire. «Si on laisse faire le marché, cela n'arrivera pas», résume Fatih Birol. L'AIE et l'ONU font donc appel à un effort accru de l'aide publique au développement, qui devrait être assortie d'obligations d'investissement de la part des pays récipiendaires.
Car il en va pour l'énergie comme pour toutes les questions de développement, les ressources financières existent mais sont mal réparties et mal distribuées. En témoigne cet exemple cité par Fatih Birol: «Si le Nigeria utilisait seulement 0,4% de ses recettes pétrolières annuelles à cet effet, il pourrait brancher l'ensemble de sa population.»
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Objectifs du millénaire : l'ONU s'engage à hauteur de 40 milliards de dollars




LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 22.09.10 | 08h55  •  Mis à jour le 22.09.10 | 10h35



Ban Ki-moon a estimé que cette stratégie globale visant la santé des femmes et des enfants sauverait seize millions de vies d'ici à 2015.


AFP/TONY KARUMBA
Ban Ki-moon a estimé que cette stratégie globale visant la santé des femmes et des enfants sauverait seize millions de vies d'ici à 2015.


Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé mercredi 22 septembre des engagements à hauteur de 40 milliards de dollars (30 milliards d'euros environ) pour améliorer la santé des femmes et des enfants dans le monde, engagements qui, selon lui, permettront de sauver seize millions de vie d'ici à 2015. "Nous savons ce qui marche pour sauver la vie des femmes et des enfants, et nous savons que les femmes et les enfants sont un élément crucial pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement", a déclaré le secrétaire général dans un communiqué diffusé au dernier jour du sommet de l'ONU à New York.
Diminuer la mortalité des femmes pendant la grossesse et au cours des naissances ainsi que les morts d'enfants de moins de cinq ans sont, des huit Objectifs du millénaire pour le développement fixés en 2000 pour 2015, les deux qui progressent le plus lentement.
"PREMIER ACCORD GÉNÉRAL SUR LA MANIÈRE"
Selon l'ONU, dépenser pour les femmes et les enfants réduit la pauvreté, stimule la croissance économique et constitue un droit de l'homme fondamental. Parmi les donateurs figurent des pays comme l'Afghanistan et la Zambie, mais aussi l'Australie, la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l'Allemagne, l'Inde, le Japon, la Russie et les Etats-Unis ; les fondations des hommes les plus riches du monde, Bill Gates etCarlos Slim ; des ONG comme Amnesty International et des multinationales commeThe Body Shop, LG Electronics et Pfizer.
"C'est la première fois que nous avons un accord général sur la manière d'affronter cette question", a dit à Reuters le professeur Robert Orr, conseiller de Ban Ki-moon, ajoutant que le plan était approuvé par les cent quatre-vingt-douze Etats membres de l'ONU. "Jamais autant[d'hommes et d'organisations] ne se sont réunis pour sauver les vies de femmes et d'enfants", a lancé le premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, dont le pays est l'un des plus généreux donateurs. Pour la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, investir dans la santé des femmes et des enfants "mérite d'être en tête de notre ordre du jour de développement".
Selon un communiqué de l'ONU, le résultat positif de l'initiative annoncée mercredi permettra de sauver plus de 15 millions d'enfants de moins de cinq ans entre 2011 et 2015. L'initiative permettra aussi d'éviter 33 millions de grossesses non désirées et d'empêcher que 740 000 femmes meurent de complications liées à la grossesse et à la naissance. En outre, 120 millions d'enfants seront protégés contre la pneumonie.

20-22 septembre : sommet de l’ONU sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Les ONG exhortent des Chefs d’Etats d’agir. Le temps presse !

Chaque année, des millions de femmes et d’enfants meurent pour des raisons qui pourraient être évitées.

Photo : © Billy Howard / CARE
En 2000, les Chefs d’Etat de la planète avaient promis de réduire la pauvreté des pays en développement en s’engageant à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). De tous les OMD, les objectifs 4 et 5, portant sur l’amélioration de la santé maternelle et infantile, sont les moins avancés.
Alors qu’a débuté la dernière ligne droite, il est impératif que les gouvernements des pays donateurs et en développement prennent des mesures radicales. La Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants, lancée par le Secrétaire Général des Nations Unies en août 2010, demande instamment aux gouvernements d’assumer leur rôle quant à l’amélioration de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant (SMNE) au cours des cinq prochaines années. Non seulement investir davantage dans les services de santé permettra de sauver des vies, mais des populations en bonnes santé sont la condition nécessaire à des économies saines et prospères pour l’avenir.

CARE et 8 autres ONG exhortent les gouvernements du monde entier à assumer leur responsabilité en prenant des engagements forts et les nouvelles approches nécessaires pour faire progresser la santé maternelle et infantile. Chaque année, des millions de femmes et d’enfants meurent pour des raisons qui pourraient être évitées. Il appartient aux gouvernements des pays donateurs comme aux gouvernements des pays en développement de soutenir les interventions nécessaires à la réalisation des engagements planétaires d’une manière totalement responsable et transparente.

Lors de la réunion organisée par le Secrétaire Général des Nations Unies à New York le 22 septembre 2010, NOUS EXHORTONS LES GOUVERNEMENTS DES PAYS DONATEURS ET EN DEVELOPPEMENT A :

1       Tenir de nouveaux engagements financiers pour la mise en place de plans de santé maternelle, néonatale et infantile : les pays donateurs comme les pays en développement doivent engager des financements supplémentaires pour les programmes SMNE et les systèmes de santé pour accélérer les progrès et réaliser les OMD 4 et 5 d’ici à 2015. Les engagements financiers doivent venir s’ajouter dépenses en cours et aux engagements existants. Chaque pays devrait contribuer en fonction de ses moyens.

2       Se concentrer sur les mères, les nouveau-nés et les enfants tout au long du processus de soins comprenant l’accès amélioré aux services de santé reproductive globale et la planification familiale volontaire. Parmi les éléments clés on trouve les services de santé reproductive, les soins anténataux de qualité, un accompagnement qualifiés pendant l’accouchement (y compris les soins d’urgence en cas de complications), les soins néonataux et postnataux, le traitement des maladies infantiles (comme la pneumonie, la malaria et la diarrhée) et l’immunisation.

3       S’attaquer aux inégalités dans l’accès aux soins et à la santé pour les femmes, les nouveau-nés et les enfants, en supprimant par exemple les frais à la charge du patient. Tous les gouvernements devront rediriger leurs efforts pour abolir ces barrières qui empêchent les femmes et les enfants d’avoir accès aux services d’urgence et aux cabinets médicaux indispensables. Les gouvernements doivent permettre aux femmes les plus marginalisées et les plus démunies d’avoir accès aux soins de santé en s’attaquant aux causes sous-jacentes de l’inégalité grâce à l’engagement de la communauté dans de nouveaux systèmes de santé nationaux.

4       Pallier le manque de personnel de santé : améliorer l’accès aux professionnels qualifiés de la santé, comme les sages-femmes, les aides-soignants qualifiés et les infirmières tout au long du processus de soins. Les gouvernements devront s’engager sur des objectifs financiers pour recruter, éduquer, former et conserver le personnel supplémentaire de santé afin de combler le manque de 3,5 millions d’agents sanitaires.

5       Financer et mettre en place des plans nationaux de nutrition pour répondre à la malnutrition grâce à des dispositifs ayant fait leurs preuves en combinant les interventions directes et indirectes, telles que transferts en numéraires à des fins sociales, soutien de programmes d’allaitement et d’alimentation complémentaires, aux aliments enrichis et aux micronutriments.
L’action des gouvernements dans les cinq prochaines années est essentielle pour accélérer les progrès de réalisation des OMD 4 et 5 à l’horizon 2015. Les gouvernements des pays donateurs comme des pays en développement doivent mettre en place des plans durables pour réaliser ces objectifs en posant des jalons décisifs au cours des cinq années qui viennent.

Les gouvernements du monde entier doivent jouer leur rôle pour mettre fin à la mortalité évitable des mères, des nouveau-nés et des enfants. Il est plus que temps.

Contact presse :
CARE France : Alexandra Banget-Mossaz
Tél : 01 53 19 89 92 / 06 78 30 99 36

Communiqué de presse conjoint avec Oxfam, Save the Children, World Federation of Societies of Anaesthesiologists (WFSA), International Pediatric Association (IPA), International Confederation of Midwives, The White Ribbon Alliance for Safe Motherhood, International Federation of Gynecology & Obstetrics (FIGO), Council of International Neonatal Nurses (COINN).